SNDA
Société Nationale pour la Défense des Animaux
"Au coeur de la dignité humaine, se trouve aussi la justice envers les animaux."
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POUR L’AMOUR DES BÊTES

POUR L’AMOUR DES BÊTES

Début mars 2010

Ils se nomment PIRATE, MIGNON, JUJU, VICTOR, ZORETTE, GALOPIN, MINOUNE, LUCIE, FRIPOUILLE, ZACRO, NOIREAUDE, FAROUCHE, GRISOU, HECTORINE et compagnie... En parlant d’eux, on dit “chats libres”, mais ils ne le sont pas dans leurs cœurs. Ils sont attachés à cette “patronne” qui leur fabrique des abris dans la grange, la cave, le cabanon à bois, et qui leur apporte de la nourriture matin et soir. Ceci depuis plusieurs années. Ils ne sont pas seuls en pleine nature et ils le savent. Ils ont leurs habitudes et leurs endroits préférés. Certains finissent par montrer leur confiance en venant se frotter aux jambes. D’autres, les plus nombreux, tiennent leurs distances.

Et puis il y a tous ceux qui fréquentent les lieux à leur guise, ces chats sauvages qui viennent du fond de la vallée. Ils se gavent de croquettes et repartent dans leurs terriers, au milieu des bois, sous les rames basses des sapins. J’ignore exactement combien de bêtes viennent manger à Villejaleix ? Mais il me faut 45 kg de croquettes par mois pour les besoins de tous, sans compter les gamelles de terrine/coquillettes.

Par amour pour eux, je vis dans des conditions difficiles. J’habite une petite maison isolée en bord de champ avec simplement l’eau au robinet de la cuisine (pas de sanitaire) et un poêle à bois qui chauffe trois pièces (il y en a quatre, mais j’en ferme une l’hiver). Nous n’avons pas toujours très chaud quand le vent souffle sur les monts environnants et tourne en grésil sur les vitres, quand les pans de brouillard traînent par le ciel, quand la neige tombe en abondance en formant des congères.

Pourtant, il ne me viendrait jamais à l’idée d’abandonner les chats (même si l’âge va commencer à me poser problème dans ces conditions de vie, avec une santé moyenne). Je reçois énormément de tendresse de leur part, des ronronnements passionnés, des miaulements affectueux. Des “chats libres” ? Non, vraiment, ils ne le sont pas dans leurs cœurs...


MERCI SNDA
Depuis trois ans, suite à différentes intempéries, le vieux toit de la grange où vivent les chats extérieurs (libres) a vu tomber ses tuiles. La grange, c’est l’endroit le plus important pour abriter et nourrir les bêtes. La pluie tombait à l’intérieur et les vents coulis profitaient des lézardes pour installer le froid dans les “cases-dodo”.

La SNDA a répondu à mon appel à l’aide en m’offrant la possibilité financière de faire effectuer les travaux de réfection. Problème qu’il m’était impossible de résoudre seule. Une chance incroyable : les couvreurs ont réparé le toit les trois jours qui ont précédé la grosse tempête du 28 février ! Avec des vents à plus de 120 km/heure, les tuiles auraient toutes été soufflées et les chats pouvaient dire adieu à leur maison.

Merci à la SNDA, à sa Présidente, pour ce secours amical. Et merci au... Dieu protecteur des animaux d’être intervenu juste à temps.



VICTORINE
S’il est des oies martyrisées, il n’en fut pas de même pour l’oie de mon enfance. VICTORINE, qui avait bien mauvais caractère, appartenait à ma grand-mère. Je me suis amusée à l’évoquer dans un de mes romans (à ce jour inédit) et vous livre ces quelques lignes :
« La fillette passa ses bras autour des épaules osseuses, aida la grand-mère à enfiler sa robe de chambre, à nouer la cordelière autour de sa taille mince. Moment choisi par l’oie géante pour cacarder sans raison et se frotter contre les jambes de sa maîtresse.
— Victorine, pousse-toi, gronda la vieille femme en l’écartant du pied.
Bruit d’ailes... Sifflements du palmipède...
— Elle est exclusive, remarqua l’enfant.
L’oie se trouvait chez elle dans la maison. C’était la préférée, celle qu’on ne tuerait jamais et qu’on cajolait quand la demoiselle semblait décidée. Elle balança son long cou, jabot en avant, la tête portée avec orgueil, avant de se poser pour somnoler à distance respectable du chien. »

« Un coup de feu résonna malgré l’heure tardive.
— Té ! Un chasseur qui traîne dans le coin malgré la mouillure. Y’en a pas un pour respecter la fermeture de la chasse. Parions, d’ailleurs, que je devine qui c’est.
La grand-mère pensait au vieux Morin. On supposait que l’homme n’avait plus toute sa tête. On supposait seulement car personne n’était sûr que Morin “ ne se la jouait pas ”.
Le chien s’était levé, raide, les oreilles en pointe. Il gratta à la porte avec des jappements plaintifs, sentant le gibier proche.
— Attends un peu qu’on termine de manger. Tu iras courir après.
Aux aguets, provocatrice, l’oie passa d’une patte à l’autre en déployant ses ailes pour attaquer ce quatre-pattes qui la dérangeait de ses abois étouffés. — Loulou, dans ton coin ! tonna la vieille femme. Victorine, c’est valable aussi pour toi. Va dans ton coin ou tu passes la nuit dehors.

Le calme revint aussitôt. Aucune des bêtes ne se prenait le toupet d’insister. L’autorité de leur patronne était incontestable. »

« Devant la maison, la même pie audacieuse volait toujours au ras du bec de Victorine, imitant le ululement des rapaces. De temps en temps elle s’interrompait pour s’abriter du soleil, puis reprenait son harcèlement de plus belle, ce qui rendait la pauvre oie complètement folle. Persécutée, ne pouvant profiter de l’extérieur, Victorine finissait par rentrer se cacher derrière un meuble, le moral chancelant. »
Extraits « Le soleil entre les branches » D. CHEVALIER


SOUVENIR D’ENFANCE
Le témoignage de Laurence sur le gavage des oies.
St. Sauveur (à 20 kms de Toulouse) dans les années 30 :
Achetées jeunes et menées à l’âge adulte, les oies de ma grand-mère restaient prisonnières d’un enclos. Elle les attrapait les unes après les autres, se mettait “à cheval” sur chaque victime en maintenant toute tentative de rébellion. La vieille femme enfonçait un gros entonnoir de fer (le conduit avait 10 cm de long) dans le cou du pauvre oiseau. Poignée après poignée, elle enfournait les graines de maïs à l’aide d’un petit bâton. Poignée après poignée, elle tâtait l’estomac pour juger de son degré de remplissage.

Cette torture était journalière et durait des semaines. Les oies gavées, ma grand-mère les lâchait sans s’émouvoir de leur souffrance. Les bêtes titubaient, étourdies.

Le but était de rendre un foie sain gravement malade et hypertrophié. Pour finir par l’égorgement des oies. Oies à qui ma grand-mère ouvrait le ventre pour enlever cette “chose précieuse” destinée aux gourmets.

Danielle CHEVALIER > Villejaleix / 03420 St. Fargeol

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