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Société Nationale pour la Défense des Animaux
"Au coeur de la dignité humaine, se trouve aussi la justice envers les animaux."
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ELSA : Une chaîne d’amitiés pour un sauvetage

ELSA : Une chaîne d’amitiés pour un sauvetage

Avant-propos

L’histoire que vous allez lire n’est pas un exemple à suivre. Faites intervenir les associations de défense animale lorsque vous rencontrez un problème de maltraitance ou autre. Pour ELSA, évidemment, je ne regrette rien car il y avait urgence. Mais cela aurait pu mal se terminer.

Années 2002/ 2003/ 2004 : un S.D.F. “loge” sur un coin de trottoir du 11ème arrondissement de Paris. Une petite chienne bringée, très craintive, ne le quitte pas. Avant elle, il y en a eu d’autres. Toutes les bêtes ont été retirées à l’homme (nommons-le M) par la S.P.A.. ELSA a l’air de craindre les coups. Elle est là pour apitoyer les passants qui lancent quelques pièces aux pieds de M. Une petite “fortune” aussitôt dépensée en verres d’alcool.
Je… sympathise avec M pour en savoir plus. Elsa vient des pays de l’Est (elle gardera une peur intense des trains). L’homme l’a récupérée pour presque rien et l’attache court, en permanence, à la bouche d’égout. Sous la pluie ou en plein soleil. Elsa a faim, soif très souvent, et si froid l’hiver. Au fil des mois, ses yeux se creusent de détresse.
Fin d’hiver 2004, je fais “un saut” à Paris. J’ai confié mes bêtes auvergnates à une amie. Mais loin de mon petit monde à quatre pattes, loin de l’infini de l’horizon, je me sens mal. Nous sommes mercredi, je repars chez moi samedi.
C’est court. Comment aider Elsa ?
C’est M qui déclenchera ma réaction. Il me dit avec un grand sourire qu’il va vendre Elsa. On lui offre 2 euros par kilo de poids. Qui ? Les pourvoyeurs en vivisection. Une transaction qui va avoir lieu dans les heures à venir. C’est inacceptable pour mon cœur et pour ma raison. La S.P.A. ne peut intervenir à temps. Je passe une très mauvaise nuit et le lendemain, de bon matin, je guette le moment où M laissera seule sa chienne pour aller au café.
“Viens, dépêche-toi”... J’ai détaché Elsa et nous courons toutes deux à perdre haleine dans les rues de Paris. Aussitôt je cache Elsa chez Monique, complice et premier maillon de la chaîne des amitiés qui sauveront Elsa. Car M me poursuit (j’ai été dénoncée par une passante) et me menace : paroles et arme blanche. Il faut éloigner la chienne de toute urgence.
C’est Laurence qui trouvera très vite Anne-Marie pour une garde à distance (elle habite dans la cour du château de Versailles !), le temps de dénicher un foyer à la chienne. Laurence finance la nourriture et Anne-Marie fait soigner, stériliser et tatouer Elsa.
De retour en Auvergne, je cherche un adoptant pour la chienne (hélas, la mienne, de chienne, ne supporte aucune autre et peut se montrer agressive). Je cherche... je cherche... Au bout de quelques jours, c’est Jacqueline qui accepte d’ouvrir ses bras. Je la connais bien, j’ai confiance.
Anne-Marie amène Elsa à la gare d’Austerlitz. Federica la récupère pour me rejoindre en Auvergne. Jacqueline nous attend. Il fait nuit.


Du trottoir à l’herbe tendre

Elsa vit en plein bocage bourbonnais. Elle avait une ignorance totale de la nature. Elle a découvert l’herbe avec surprise, osant à peine y poser la patte. Elle s’est étonnée de tout : des branches nues des arbres dans l’éclaboussure du soleil (c’était la fin de l’hiver), des murs mangés de lierre, du croassement des corbeaux, des forêts qui ondulent sous le vent, des étangs peuplés de colverts, des sentes escarpées propices aux promenades.
Elsa s’étire au bas du perron, se couche sous les forsythias jaunes. Son bien-être fait plaisir à voir. Elle respire l’odeur sucrée de l’air liée aux fleurs sauvages qui poussent dans les haies vives. Elsa est heureuse. Son destin a basculé. C’est une petite chienne que la souffrance a rendu très sensible, très intelligente. Elle adore écouter la musique slave (ses origines !) et les chansons de Franck Sinatra.
M est mort peu après le “départ” de sa chienne.

Carnet de deuil





VICTOR, mon “chouchou”, mort de la bêtise des hommes


PIRATE, MIGNON, MINOUNE, GRISOU, VICTOR (mon chouchou), TITINE, PERLIN, ZACRO (mon vieux gris)... Huit petits corps torturés pour avoir été empoisonnés à Villejaleix du 9 au 19 mars 2010. Je parlais d’eux dans l’article précédent, et ma colère et mon chagrin sont immenses.
“Mort aux rats” (au début, les vétos pensaient à un virus d’origine inconnu). Le poison a été détecté pendant l’ovariectomie de MICHA, fin mars. Micha que je soigne. Micha qui vivra.
Ces huit-là, mes extérieurs, mes fidèles de la grange, ne suivront plus des yeux le vol des papillons. Après avoir résisté à un hiver long et rigoureux, ils sont morts juste avant le printemps, victimes de la bêtise et de la cruauté des hommes.

Un soleil fragile caresse leurs tombes dans une écharpe de silence.

Avril 2010


Danielle CHEVALIER > Villejaleix / 03420 St. Fargeol

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