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Société Nationale pour la Défense des Animaux
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GASPARD des montagnes ! (avril 2009)

GASPARD des montagnes ! (avril 2009)

Fin juin 2007. Plein après-midi. Le soleil est ardent et la campagne noyée d’herbes hautes. Attirés par les abois de Jimm, mon fox « gueulard », deux chiens arrivent du fond de la vallée et se collent à la clôture de mon champ. Visiblement, ils sont exténués, affamés. Je m’approche, ils reculent. La solution ? Les croquettes et l’eau. Ils se précipitent dans les gamelles pleines sans aucune agressivité l’un pour l’autre. Je leur offre un second service. Un troisième. Pour crever de faim ils crèvent de faim…
L’un des deux chiens est une femelle. Et tatouée. L’autre un mâle et son état est pitoyable. Une grosse corde rongée étrangle son cou. Mon index se loge entre ses côtes tant il est maigre. Tous deux se laissent caresser. Mais le chien est peureux, méfiant. Je les attache à l’ombre, le temps de téléphoner à la S.P.A.
Je retrouve assez vite le maître de la chienne. Elle est du Limousin, se nomme Bonnie, et appartient à un pompier. Celui-ci est là le soir même pour la récupérer après 9 mois de fugue. Il la gardera peu de temps. Bonnie se sauve à nouveau. Son maître n’en paraît guère attristé. Qu’est-elle devenue cette bête ? Question sans réponse. Pincements au cœur.
Quand au chien, un grand beagle, pas d’identité, pas de propriétaire qui le réclame. Il est déjà vieux et vu son état, il erre dans la nature depuis un temps infini. Son corps est couvert de tiques. En deux jours, je lui en ai retiré 97 ! Il a deux tumeurs d’une grosseur inquiétante, l’une à l’anus, l’autre lui pend des intestins. Je sais que la S.P.A est débordée, comme toujours en juillet et il est trop vieux, trop malade…
Je l’ai appelé Gaspard (le roman d’Henri Pourrat), car il a surgi des monts et des bois. Je l’ai fait opérer de ses deux tumeurs. La véto m’a dit : « il a 13 ou 14 ans, vous ne le garderez pas longtemps » pas longtemps ? Ca fait bientôt deux ans que Gaspard coule des jours heureux.
Il adore les promenades et chaque repas est une véritable fête. C’est qu’il n’était pas habitué aux bons soins, le Gaspard ! Son poids a doublé, et son traitement pour le cœur ne s’avère plus nécessaire cette année.
Pas longtemps ? Pourquoi se montrer défaitiste ? Gaspard était un de ces nombreux chiens de chasse prisonniers d’enclos étroits ou enchainés, des chiens dont on ne veut plus dès qu’ils prennent de l’âge. Il est doux, sensible, d’une intelligence remarquable, Gaspard. Très reconnaissant, très aimant. Pas décidé du tout à passer de l’autre côté de ce monde ! Sans éducation, il a été obligé de se plier à un peu d’autorité car il était fugueur et volontiers agressif avec le fox qui l’asticotait par jalousie. Mais il a vite compris et s’est sociabilisé. Il ne cherche qu’à faire plaisir et apprécie particulièrement son confort. Le poêle, l’hiver. Le soleil sur l’herbe tendre, l’été. Il a changé de statut, de chien de chasse il est devenu chien de garde ! Il protège sa maison, sa maîtresse, ses autres compagnons : chiens et chats. Lui restent quelques cauchemars au passage des avions militaires, la nuit. On ne revient pas sans séquelle des souffrances du passé. Mais Gaspard a soif de vivre. Gaspard a soif d’aimer.
Merci à tous ceux qui se sont intéressés à mon vieux chien. J’ai pu garder Gaspard grâce aux amitiés et aux aide financières.

Villejaleix, le 14 mars 2009-03-30

Danielle Chevalier
Villejaleix
03420 St Fargeol

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