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Société Nationale pour la Défense des Animaux
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Octobre 2013 (Courriel de Fresca à Moïse et Vincent)

Moïse ? Vincent ? Vous ne me connaissez pas. Je suis Fresca, une petite chatte de Montréal. J’aimerais correspondre avec vous. Je ne cherche pas l’amour (je l’ai trouvé avec Jacques, l’humain de ma vie) mais l’amitié. J’étais sur le point de m’inscrire sur «félinssansfrontières.com» quand Danielle, une amie de mon maître, m’a donné les coordonnées de ces «Chroniques de la campagne».
J’ai grandi dans une famille avec des enfants. Je suis en bonne santé et mignonne, propre, bien élevée et cultivée ; je ne miaule ni ne griffe. J’aime les gens et suis enjouée. Et pourtant, à trois ans je me suis retrouvée dans une cage à la SPA, rue Jean-Talon.
Bien que de nature optimiste, je dois dire qu’il m’a fallu une bonne dose de courage. J’étais bien traitée mais on avait affiché sur ma cage la mention «adoption humanitaire». J’ai tout de suite compris qu’il fallait que j’adopte un humain, sinon je savais quel serait mon sort...
Je me suis mise en mode séduction. J’ai eu de la chance. Ma captivité n’aura duré que 2 jours. Car Jacques est arrivé.
Six mois auparavant, il avait perdu Salsa, une chatte d’Espagne*, morte dans ses bras. Il venait de terminer son deuil et était déjà venu faire un tour à la SPA trois jours auparavant. Mais rien ne s’était passé. Il avait décidé de revenir.
Je sais, c’est un peu cliché de parler de coup de foudre mais ç’a a immédiatement cliqué entre nous. Je me suis dit : c’est l’humain qu’il me faut, lui il comprend l’âme féline ! Pour nous permettre de faire connaissance, nous avons passé un moment ensemble dans une petite pièce qu’on a mise à notre disposition.
Puis Jacques m’a emmenée chez lui, à vélo, à 10 km de là, près du parc Lafontaine. Il y a un an et demi de cela. C’était le printemps et le temps était doux. J’ai découvert mon nouveau domaine. Jacques m’a montré les papiers de la SPA sur lesquels on m’avait diagnostiqué un souffle au cœur, raison pour laquelle j’avais été étiquetée «Adoption humanitaire».
Souffle au cœur ? Moi qui saute à un mètre du sol pour atteindre la chatière dans la cuisine quand je pars en vagabondage ; qui traverse ensuite l’atelier et la cour à toute vitesse ; qui bondis de marche en marche sur l’escalier rouge en colimaçon jusqu’à la terrasse du haut ; qui m’élance sur le garde-fou et me maintiens en équilibre sur la barre de 5 cm de large ; qui me propulse ensuite jusqu’au toit du garage 3 mètres plus loin ; qui cours jusqu’au toit voisin pour emprunter la passerelle menant au balcon ; qui me laisse tomber dans la cour 3 mètres plus bas ; qui grimpe les 2 mètres de la clôture en m’agrippant au treillis ; qui effectue un rétablissement et atterris sur le sol de l’autre côté...
Non ! Le seul problème de cœur que j’avais, c’était de trouver un bon maître. Et en fait de souffle, je crois que c’est celui du véto qui a été coupé tant il m’a trouvée belle quand il m’a examinée.
Vincent, Moïse, dites-moi ce que vous en pensez. Et racontez-moi votre vie et vos aventures.

Votre amie Fresca
Jacques Hains, Montréal

*Salsa aussi a écrit dans cette chronique ; cf. les textes précédents.



Novembre 2013 (Courriel de Moïse et Vincent à Fresca )

Salut Fresca, t’as l’air vach’ment sage même si tu me parais dégourdie. J’ai été content de lire ton histoire. Moi, je m’appelle Moïse et j’ai un frère du même âge (4 mois) nommé Vincent. Le troisième de la famille, Pirate, d’une santé plus robuste, loge dans la grange de ma maîtresse.
Vincent et moi avons eu beaucoup de mal à nous sortir de problèmes respiratoires. J’étais en train de crever en bord de route quand un commerçant ambulant s’est arrêté. Il m’a donné à Danielle qui a recueilli aussi Vincent, deux jours plus tard.
Couvert de puces, j’ai eu droit à un bain forcé. J’étais mangé de partout et l’eau du bain est devenue rouge de mon sang ! Depuis je suis devenu aussi coquin que Vincent est raisonnable.
Tu sais, Fresca, je suis un peu casse-cou et ne serais pas un exemple pour toi ! J’ai repris, involontairement, deux autres bains dans la grande gamelle des chiens. J’aime faire l’équilibriste sous les yeux critiques de mon frère.
Je bois au robinet de l’évier et vole toutes les éponges que je vais perdre dans les champs.
Danielle raconte aux gens que des numéros comme moi, elle n’en a pas vus beaucoup dans sa vie. Hier au soir, j’ai réussi à ouvrir la porte du four et à me glisser dedans. Ca sentait le poisson c’était irrésistible ! Avec Vincent, je cours après les mouches et cherche déjà à savoir comment sont faites les filles. J’aimerais bien te connaître Fresca et te ronronner des miaulements doux dans les yeux. J’adore embêter les chiens, jouer avec leurs queues, leurs moustaches. Et je suis très doué pour basculer les bacs à litière. Suffit de s’appuyer fort sur les bords. J’ai des idées en tête, qui ne me quittent pas. Comme toucher tous les boutons de la télévision pour brouiller les images.
Vincent m’observe, calmement couché sur son coussin. Il soupire et dit que je suis le roi des bêtises.
Fresca, j’ai de l’imagination pour dix ! J’irais bien faire un tour à Montréal, cela ne me ferait pas peur. Nous bondirions ensemble sur les marches de ton escalier rouge.
Bon, j’te laisse, j’vais embêter mon frère. Et quand je serai bien fatigué, cette nuit, j’irai dormir sur l’oreiller, dans le cou de Danielle. Je trouve qu’elle a beaucoup de patience avec moi. Je lui croque l’oreille, pose ma joue sur sa joue pour lui murmurer que je l’aime car j’ai beau être un petit coquin, je suis plein de sentiments.

A bientôt Fresca. Je te bise la truffe.
Moïse

Danielle CHEVALIER
Villejaleix 03420 St Fargeol

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