SNDA
Société Nationale pour la Défense des Animaux
"Au coeur de la dignité humaine, se trouve aussi la justice envers les animaux."
ACCUEIL OPINIONS CONTACTS LIENS

> L'ASSOCIATION

> THEMES

> CAMPAGNES

> ARCHIVES

> CHRONIQUES

> Chroniques de la campagne

HORUS, UN AMOUR DE CHIEN

HORUS, UN AMOUR DE CHIEN

Tu faisais partie d'une famille de neuf animaux : cinq chats, un âne et deux chiens (ta mère et ton grand-père). Et puis ta maîtresse (passionnée d'égyptologie) s'est envolée au paradis des bonnes âmes, suite à un cancer. Il a fallu tous vous placer assez rapidement. Chacun a porté sa part de responsabilité. Et c'est toi, Horus, que j'ai accueilli chez moi. J'ai emmené ton grand-père, Ramsès, dans une association pour vieux chiens où il a eu une fin de vie heureuse.

Je ne peux rien contre le chagrin des décès et la difficile séparation des membres d'une famille animale. Tu m'adresses parfois des yeux pleins de nostalgie, Horus, qui me font songer que ton esprit part ailleurs, dans un passé proche. Et moi qui ai sauvé et adopté tant de bêtes maltraitées, je me rends compte que, contrairement à ce que l'on peut penser, un coeur à quatre pattes se remet plus aisément de ses souffrances physiques et psychologiques que de la perte d'un être aimé.

Et pourtant comme tu es épanoui, ici, avec nous tous. Tu es un excellent gardien qui n'hésite pas à grogner pour m'avertir d'un bruit suspect. Mes chats t'ont adoré dès la seconde où tu es apparu sur le pas de la porte. Ils se frottent à toi avec des élans d'amour démesurés. Tu ne manques jamais de m'accompagner dans la balade du matin, lorsque je vais nourrir les chats libres à l'autre bout du hameau. Tu guettes ton grand copain Taylor (Golden Retriever) qui appartient à mes amis et voisins anglais. Ce sont des galopades à vive allure et sans frein ! Vous pesez tous deux dans les 45 kg, mieux vaut éviter pour Anne et moi de nous trouver sur votre route...

Tu vivais dans une cour gazonnée, et je t'ai offert l'espace de mes champs et l'horizon des monts de Combraille. C'est la grande découverte quand nous descendons au fond de la vallée. Jimmy, mon autre chien (Fox de Bretagne) qui va sur ses 17 ans, t'ouvre une sente qu'il connaît bien. Une sente qui file au milieu d'une nature en bouquets de fougères, de bruyères et de genêts hérissés entre les pins. Nous avançons jusqu'à la rivière qui coule entre des berges de terre fauve.

Tu me fais sourire, Horus, avec ta peur de l'eau. Tu tends le museau vers le courant, suffoqué de voir Jimmy plongé dans les remous turbulents. Alors quoi, il est où ton sang de labrador, croisé certes, mais de labrador quand même ? Tu m'interroges du regard, penches la tête de droite à gauche, risques un ongle dans une vaguelette, et finis par te coller à ma jambe pour te rassurer. Le cri d'une buse au-dessus des bois d'un bleu ténébreux, te fait sursauter. Tu dois prendre confiance, mon Horus, ces bruits et ces silences de nature parlent leur langage à eux. Tu te familiariseras avec, tu verras. Mais prêtes attention à ces fourrés impénétrables qui cachent sur leurs rochers des vipères rouges. Elles sont assez nombreuses, cette année.

J'aurais aimé t'appeler Bosco, en hommage à l'écrivain. Tu n'as jamais voulu ! O.K., je respecte ! Tu pousses un énorme soupir quand je m'installe à ma table pour écrire. Au début de notre relation, tu t'impatientais de mon immobilité créatrice et cherchais à te sauver. Hors de question, Horus ! J'ai lancé un "non" catégorique qui t'a surpris, mais je ne me suis jamais mise en colère. J'ai confiance en ta sensibilité et ton intelligence. Tu as très vite compris. Des ondes indéfinissables nous unissaient déjà.
Tu auras trois ans en juin. Et nous avons, je l'espère, un grand pan de vie devant nous, la certitude de nous être fidèles dans les joies comme dans les peines. Tu es mon amour de chien, Horus. Nos cœurs se sont bien trouvés.



Danielle Chevalier
Villejaleix
Mai 2015

©Société Nationale pour la Défense des Animaux - Webdesign par DRIVSTER.fr