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Société Nationale pour la Défense des Animaux
"Au coeur de la dignité humaine, se trouve aussi la justice envers les animaux."
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SANTA, POPEYE et LAURINE

SANTA, POPEYE et LAURINE

Les feuilles jaunes, barrées de vert, commencent à se détacher des arbres en flottant au-dessus des fougères rousses. C’est l’automne avec ses soirées fraîches, ses vents coulis qui secouent les araignées dans leurs toiles accrochées aux arbustes. Un peu de pluie, très peu cette année, et quelques cèpes poussent aussitôt sous la mousse. Les gens font des « brûlis » en regardant avec mélancolie les monts de la Combraille. Des monts couverts de bois sauvages et de pâtis survolés par les buses.
Trois poules, qui vaquent à leur guise dans le hameau, se sauvent en piaillant devant le nez d’une voiture. Elles ne sont pas nombreuses, les voitures qui empruntent la petite route. Ici, la vie est somnolente. Et parce que j’ai vécu en ville, j’apprécie la solitude et le calme du lieu. Les vacanciers ont repris leurs activités, laissant derrière eux volets clos et barbecues sous les hangars.
Inconsciemment, chacun s’apprête à entrer dans l’hiver. On l’espère pas trop rude, sans froid intense qui vous taillade la peau, et sans tombées de neige paralysant le pays.

SANTA


J’ai passé tous les étés de ma jeunesse en Auvergne, terre de mes ancêtres paysans et tisserands, en compagnie d’une tribu de cousins-cousines et des gosses du village. Un de mes plus grands plaisirs était de retrouver SANTA, la jument de Violette et Henri L (l’instituteur). La famille L l’avait achetée à l’âge de 3 ans parce qu’elle se voyait refusée en course pour son manque de performance. Pourtant, entraînée par les enfants L, Santa finit 4éme au concours national de Chénéraille.
« Piano… piano… », la jument se baladait à son gré dans le village. A l’époque, la vie n’était pas la même, sans danger pour l’animal. Née en 1970, de race pur-sang anglais (une race impulsive et fougueuse), Santa avait doux caractère, se laissant même dominer par les autres chevaux. Elle venait nous voir, moi et les miens, plusieurs fois dans la journée. Elle passait la tête par la fenêtre, curieuse de notre quotidien et attirée par le fauteuil en osier de ma grand-mère. Ma mère criait : « Santa, ne mange pas le fauteuil ! ». Ce qui nous faisait beaucoup rire, mon frère et moi. Par malice, on multipliait les petits câlins pour que la jument nous visite souvent…
Santa est morte en 2000, à 30 ans, d’un arrêt cardiaque.

POPEYE


Je connais POPEYE par un copain qui habitait du côté d’Allanche, dans le Cantal. C’est un cheval débordant d’énergie. Les oreilles en arrière, Popeye se montre nerveux, hennissant de façon brève et aiguë. Mais il aime la compagnie des hommes, sensible au ton et à l’inflexion des voix. Il vient volontiers se faire caresser, goûtant l’amitié des chiens.
D’un naturel paresseux, comme la plupart de ses congénères, Popeye apprécie la vie tranquille dans ses champs. Des champs qui côtoient ceux de la gentiane, cette fleur jaune qui fleurit à plus de 1000 mètres d’altitude dans le Massif central. Popeye passe des heures à regarder les gentianaires, ces bagnards de la montagne comme on les appelle, qui manient avec force «la fourche du diable» pour arracher les racines de la plante aux roches volcaniques.

LAURINE


LAURINE est une miraculée. Katia, ma factrice « sympa », distribuait le courrier dans un village voisin lorsqu’elle vit un bébé chat (4 à 5 semaines) emprisonné dans la main d’un fermier. En campagne, pour éviter la multiplication des chats, on piège et on tue… C’était le 11 juin dernier. Katia s’est emparée du chaton et l’a emmené avec elle.
Laurine, ainsi nommée par Bastien (le jeune fils de Katia), fut nourrie à la pipette le temps de soigner son coryza, puis lait maternisé, puis pâté et croquettes. Oh ! Pas à s’en faire pour Laurine ! Après quinze jours d’adoption, elle jouait avec le chien, une balle, son « doudou » (bonnet de poupée). Elle aime dormir dans un duvet entre le canapé et l’aquarium. Ou mieux, dans le sac à langer d’Océane (la petite fille de Katia). Et, bien entendu, comme tout chat qui se respecte, elle s’approprie les genoux de ses maîtres, le soir, sur le canapé devant la TV.
Katia, qui aime les animaux, m’amuse toujours quand elle appelle ses enfants : « les belettes ».

Danielle CHEVALIER
Villejaleix / 03420 St. Fargeol

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