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Société Nationale pour la Défense des Animaux
"Au coeur de la dignité humaine, se trouve aussi la justice envers les animaux."
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ADOPTE – MOI

ADOPTE – MOI

… à 23 jours / … à 5 ans

ROCCO


ROCCO est un cas ! L’œil rond, sûr de lui, il règne en maître dans le hameau, comme “propriétaire” de tous les champs. Ma voisine l’appelle “le gouverneur” et cela lui va très bien. Rocco, c’est le croisement entre PITOUTETTE (une chatte extérieure) et un gros chat sauvage du fond de la vallée. Il est angora noir et blanc, ce qui le rend encore plus impressionnant.
Il a vu le jour dans ma grange le 15 aout 2001. Et, dès l’âge de trois semaines, il était déterminé à quitter sa mère protectrice, les cartons et la paille qui l’abritaient. Ce qu’il voulait : venir avec moi et dans la maison. Il se cachait dans les sacs contenant la nourriture que je distribue d’un abri à l’autre. Il m’a fait le coup une fois, deux fois, trois fois. Je posais les sacs dans la cuisine, Rocco en sortait ! J’ai fini par craquer et je l’ai gardé. Il tenait dans le creux de ma main. Je lui ai donné à boire au biberon, lui ai appris “les p’tits besoins litière”, et lui ai présenté assez tôt de la terrine. Huit jours après son arrivée, il se débrouillait tout seul. Federica m’avait dit en le voyant : « Mais, Danielle, il est vraiment trop petit, il ne va pas vivre ! » Tu parles !
Rocco pèse entre 8 et 9 Kgs. Il a des pattes énormes. C’est un véritable petit fauve ! Je l’ai vu tenir tête récemment à un percheron (grand cheval) qui renâclait de peur en dressant le cou et les oreilles devant lui. Mais quand Rocco décide de passer quelque part, il passe.
Il n’est pas chasseur mais s’amuse à taquiner la vipère. Il aime dormir les quatre pattes en l’air. Il ne veut jamais regarder quand je lui sers à manger et me donne des coups de derrière sur les mains (souvent, je renverse les bols). Il est attiré par l’eau, boit au robinet, se couche dans l’évier mouillé.
Rocco a un caractère particulier, dominateur. Il peut jouer les terreurs avec les autres chats. Il faut parfois que j’intervienne. Mais c’est aussi mon bébé, ma grosse boule de poils, qui a besoin de ses trois à quatre câlins par jour. Quand je suis assise, il se précipite de tout son poids sur mon estomac et se niche entre les bras que je referme affectueusement sur lui. Je le dévore de baisers. De moi, il accepte tout.


LÉA


LÉA se plante en bordure de champ, habitée de pensées. Elle griffe à traits allongés l’écorce d’un chêne à demi creux. Un bruit d’ailes et la voilà plus immobile qu’un rocher. Elle guette une pie, en embuscade derrière le muret.

Léa est devenue la plus vieille de mes chattes après le décès de mes deux chats très âgés. Elle a dans les 12-13 ans. Je l’ai récupérée fin 2000 chez une personne qui n’en prenait pas soin. Et c’est peu dire ! Car Léa se retrouvait pleine de bébés trois fois par an. Ses petits étaient tués devant ses yeux, d’un coup de talon. Pas de nourriture : « Un chat, ça bouffe tout seul ». Pas de vétérinaire, même quand une mauvaise plaie suppurait.

Je me suis immédiatement attachée à elle et la gâtait “en douce”. Trois années pendant lesquelles je lui ai été fidèle. Et puis Léa a senti que je partais définitivement de Paris. Comment nier l’instinct animal ! Léa s’est accrochée, griffes plantées et refermées de toutes forces dans le bas de mon pantalon. Impossible de la décrocher ! Comme je ne pouvais pas… tomber le jean, je me suis vu repartir comme ça dans les rues de Paris ! Je l’ai prise avec moi, envers et contre tous. Neuf belles années de vie pour Léa. Elle a appris à ronronner. Et “démarre” pour un rien ! Simplement le fait de l’effleurer.

Neuf belles années à bâiller, à chasser, à s’approprier mes genoux, à manger à sa guise. Infinie douceur de sa patte qui me caresse le bras. Elle est très présente dans la maison, même avec son “indépendance -campagne”. Mais avec l’âge, elle se montre fatiguée. Ces derniers jours, elle repose plus souvent sur sa chaise préférée, près de la fenêtre. Emmenée chez la vétérinaire, elle… ronronne. Le bruit dans le stéthoscope ! Difficile d’établir un diagnostic ! Rien de grave, apparemment. Léa regarde la vétérinaire, me regarde avec l’air de dire : « Allez, on rentre à la maison. Il est grand temps que tu me serves mes boulettes de thon à la tomate ».
Léa est décédée quelques jours après avoir écrit l’article la concernant. Plusieurs visites et examens chez la vétérinaire n’ont pas changé le cours de son destin. Affaiblie, elle est partie dans son sommeil. Nous avons tous du mal à nous faire à son absence. L’impression de voir Léa partout.

La pauvre chérie m’a laissée face à des frais vétérinaires. D’autant que j’ai été obligée de faire soigner mes autres chats. Et que plusieurs chats extérieurs ont contracté le coryza.
Je n’ai pas pu donner à manger journellement à mes bêtes de façon suffisante, en décembre. La banque m’a privée de ressources (compte bloqué et rejet de chèques). Je n’ai pas pu faire soigner toutes les bêtes : Poppy et un jeune chat blanc sont morts. Je dispose de peu d’argent mensuellement. J’espére “tenir le coup” avec mon refuge en 2010.

Danielle CHEVALIER > Villejaleix / 03420 St. Fargeol
DECEMBRE 2009

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