Fanny et Wittie

FANNY

Au chaud à la maison, FANNY colle son nez au carreau de la fenêtre en songeant qu’elle ne mettrait une patte dehors pour rien au monde. Ce mois de novembre, resserré de froid, ne lui convient pas du tout. Les jours diminuent dans un gris immobile et le vent pousse ses nuées lourdes le long des monts.
Mais un esprit de gaieté anime Fanny en permanence. Le mauvais temps ne la déprime pas. Elle est « atteinte » d’une personnalité originale. Sa grande souplesse sur le plan relationnel et son museau noir éclairé de yeux futés lui assurent l’intérêt des autres félins. Elle ne manque pas d’idées pour dénicher les endroits où passer les nuits, que ceux-ci soient accessibles ou pas ! Elle me surprendra toujours et je me fais la réflexion que Fanny, bien qu’ayant un comportement adulte, est restée un bébé sur le plan mental. Elle a su conserver ses qualités juvéniles avec intelligence et coquetterie. Elle m’amuse et elle sait qu’elle m’amuse.

WITTIE

L’été est chaud. Tout grille, même la petite herbe entre les roches bombées de bruyère. Pas un souffle dans les arbres. On vivrait d’un rien dans l’assiette, de salades et de sorbets.
Pierre-Henri savoure la calme soirée qui s’écoule dans un hameau sans histoire. Il a saisi une grappe de raisin qu’il égrène rêveusement. WITTIE*, sa belle chatte blanche, proche de la race angora, est couchée à ses côtés. C’est une compagne affectueuse, aux yeux lumineux et attentifs.
La porte de la maison est ouverte. Wittie aime aller et venir. Elle observe les criquets aux ailes bleues qui sautent dans les broussailles et le ciel qui se charbonne au fil des heures. Mais brusquement elle se raidit, saccade ses mouvements, des grognements au fond de sa gorge. Une vipère s’est faufilée sur le carrelage près du pied de son maître. Il faut faire vite ! La chatte n’hésite pas et attaque le reptile à la nuque. Intelligente Wittie, pacifique certes mais pas naïve pour autant. Pierre-Henri n’en revient pas ! Plein de gratitude, il remercie sa courageuse petite bête. A une seconde près, il était mordu.
Wittie… Wittie… tu es une chatte parfois un peu distante mais très attachée à ton maître, certainement consciente de ta beauté, avec un cœur « gros comme ça ». Pierre-Henri raconte qu’un matin, elle est arrivée vers lui en tenant un discours ponctué de regards insistants et entrecoupé d’allers et retours vers le côté de la maison. Intrigué, Pierre-Henri a fini par la suivre. Dans le récipient d’eau destiné aux oiseaux et au hérisson familier, une musaraigne se débattait, proche de la noyade. Nouveaux regards insistants de Wittie qui ne bouge pas devant la musaraigne reprenant son souffle sur une pierre, avant de filer dans une haie. Belle leçon de fraternité, Wittie. Belle leçon pour les hommes si peu respectueux, parfois, de la vie.
* Pas de photo
Danielle Chevalier
Villejaleix
Le 22 décembre 2017

Fermer le menu