MISSION HUMANITAIRE AU PARAGUAY

6 Ème Mission humanitaire au Paraguay financée par la SNDA.

Introduction

La mission humanitaire au Paraguay s’est déroulée du 16 juillet au 3 août 2018. Elle a eu lieu dans les locaux de l’association “Adoptame con amor y responsabilidad” , à Asuncion, la capitale du Paraguay.

L’équipe était composée de 14 étudiants de 1ère et 4ème année de l’école nationale vétérinaire de Toulouse, membres de l’association humanitaire de l’ENVT : Baylène.

Ils étaient divisés en 2 groupes de 6 et 8 étudiants. Les locaux de l’association ne pouvant pas accueillir tous les étudiants en même temps, un premier groupe de 6 étudiants est parti du 16 au 24 juillet et le second, composé de 8 étudiants, est parti du 24 juillet au 3 août. Cette rotation permettait par ailleurs d’étaler les captures d’animaux.

Sur place, ils travaillaient avec les bénévoles de l’association Adoptame et leurs vétérinaires.

Le premier groupe fut accompagné d’un vétérinaire français, Denis Michaux, qui s’était porté volontaire.

Les locaux de l’association n’étaient pas très grands, ils se composaient :

– d’une pièce consacrée à l’anesthésie des chats, à la préparation pré-opératoire, et au stockage des cages avant les opérations.

– d’une salle de chirurgie avec 3 tables et du matériel chirurgical.

– d’une pièce consacrée au réveil des animaux.

– d’un extérieur comprenant notamment des chenils.

– d’une pièce permettant le stockage du matériel.

Organisation des journées

La première journée du premier groupe a été consacrée à la découverte des locaux ainsi qu’à leur nettoyage et à leur organisation. Il s’agissait de permettre à huit personnes de travailler à l’aise. L’association utilisait ces infrastructures pour la première fois cette année, et les bénévoles avaient besoin de s’adapter aux locaux et de réorganiser leur travail. Plusieurs jours ont d’ailleurs été nécessaires ensuite pour trouver l’organisation optimale.

La capture des animaux

L’après-midi ou la fin de journée était consacrée à la capture des animaux. Les captures se faisaient à l’aide de cages trappes dans lesquelles étaient disposés des appâts pour chats.

La première soirée de capture a eu lieu dans le marché d’Asuncion fortement peuplé par les chats. Ils ne s’y sont rendus qu’une fois, après avoir attrapé à plusieurs reprises des chats que l’association avait déjà stérilisés les années précédentes. C’est très encourageant car cela montre que malgré des moyens réduits, le travail des bénévoles et vétérinaires d’Adoptame n’est pas vain. On estime à 95% les chats déjà stérilisés par leur soin dans ce quartier où ils travaillent depuis 3 ans. Les chats restants étant très sauvages et donc difficilement capturables.

Les étudiants ont donc changé de lieu de capture et se sont dirigés vers un quartier très pauvre d’Asuncion, Lombardo, dans lequel les habitants vivent avec de nombreux chats. Là-bas les animaux ont souvent des propriétaires. “Il faut donc passer du temps à expliquer ce que l’on fait et dans quel but. Nous avons pu passer du temps avec les enfants du quartier qui se sont montrés très impliqués dans la capture des chats et nous ont beaucoup aidé. Nous avons pu leur expliquer pourquoi nous étions venus et ils étaient très contents de nous confier leurs propres chats.

Les habitants ne sont pas tous d’accord pour stériliser leurs animaux. Notamment les personnes ayant des mâles n’en voient pas toujours l’utilité puisqu’ils ne peuvent pas se retrouver avec une portée de chatons sur les bras. La majeure partie des personnes rencontrées s’est montrée très coopérative et nous a fait confiance. Dans ce quartier, il y a également beaucoup de chiens ayant des “propriétaires”. Nous sommes donc allés les voir en proposant de faire des prises de sang pour détecter la leishmaniose. Une fois les résultats obtenus, nous retournions voir les personnes. Lorsque le test s’avérait positif, la plupart du temps l’euthanasie était proposée car les traitements sont beaucoup trop chers. Si le test était négatif en revanche, la stérilisation de l’animal était d’usage. Encore une fois, pour les mâles, beaucoup de personne n’en voyaient pas l’intérêt. Malheureusement ici, les résultats des prises de sang sont arrivés après le départ des étudiants, et ce sont des bénévoles qui ont assuré le suivi de ces chiens.”

Le dernier lieu de capture pour le premier groupe était le quartier de l’hôpital, dans lequel les habitants connaissaient bien l’association et capturaient souvent eux-mêmes les animaux. Les derniers chats stérilisés ont été ceux d’une même propriétaire qui en hébergeait une trentaine. Elle possédait également une dizaine de chiens sur lesquels des prises de sang ont pu être réalisées.

Pour le deuxième groupe, les captures ont surtout eu lieu dans un autre quartier défavorisé de la capitale, près du Rio Paraguay, où les chats sont également en surnombre. Ce fut également l’occasion d’échanger avec les gens et particulièrement avec les enfants qui étaient très contents d’apporter leur aide. L’association travaille dans ce quartier depuis moins longtemps, les personnes étaient donc plus méfiantes. C’est un travail de long terme auquel consentent les bénévoles qui essaient de faire connaître l’association et qui tentent de gagner la confiance des habitants. Dans ce quartier aussi, néanmoins, 60 prises de sang, pour tester la leishmaniose, ont pu être réalisées par les étudiants.

La chirurgie des animaux

Les animaux capturés sont opérés le lendemain matin. Entre 20 et 30 animaux étaient stérilisés chaque jour. Une bénévole se chargeait d’administrer l’anesthésique, à l’aide de cage de contention. Pour marquer les chats opérés, et éviter de les capturer plusieurs fois, il faut leur couper un petit bout d’oreille, puis l’on cautérise. Cela représente un marquage visuel efficace lors des captures et permet d’éviter de perdre du temps. Les chats sont ensuite tondus et désinfectés.

Toujours sous la supervision d’une des vétérinaires de l’association, les élèves de quatrième année ont pu pratiquer les stérilisations et castrations de chats, découvrant une technique différente de celle utilisée en France. Grâce aux conseils des vétérinaires paraguayennes, ils ont pu progresser dans ces chirurgies de convenances et acquérir de nouvelles connaissances.

Il y avait très peu de chiennes. Ce sont les vétérinaires de l’association qui s’en sont occupés, tout en prenant le temps d’expliquer ce qu’elles faisaient.

A la suite des chirurgies, les élèves de première année étaient chargés du réveil des animaux et des soins post-opératoires. Ceux-ci consistaient en plusieurs injections : Kétoprofène, pénicilline, antiparasitaire, et à une fluidothérapie sous-cutanée. Ils ont ainsi pu se familiariser avec les soins infirmiers de base, tout en ayant le temps d’observer les chirurgies.

L’objectif étant d’opérer un maximum de chats, tout en assurant les soins nécessaires. La salle de chirurgie a été organisée pour que quatre opérations puissent être réalisées en même temps.

Soins aux animaux hospitalisés

Chaque matin, avant et pendant les premières chirurgies, il fallait s’occuper des animaux opérés les jours précédents. Les cages étaient nettoyées, les plaies vérifiées, les animaux nourris. Les femelles bénéficiaient d’une attention toute particulière et les femelles gestantes encore plus. Elles étaient gardées plus longtemps en observation, étant donné que leur opération entraînait une perte de sang conséquente. Les chats malades étaient isolés du mieux possible et un traitement symptomatique était mis en place. La majorité des chats étant sauvages, tous les soins nécessitaient l’utilisation de cages de contention et prenaient donc un temps considérable.

Le bilan de l’état général de chaque chat était réalisé, ce qui permettait de décider lesquels pourraient ou non être relâchés dans leur quartier d’origine le jour même.

Enfin, à la fin des chirurgies, place au nettoyage. Tout est nettoyé et désinfecté, le matériel est trié pour constituer des boîtes de chirurgie, puis stérilisé. Tout doit être prêt pour le lendemain matin.

La conclusion des étudiants de la mission Paraguay

La mission humanitaire au Paraguay 2018 a permis la stérilisation de 250 animaux en 20 jours. Le fait que l’on trouve de plus en plus d’animaux déjà stérilisés dans les rues par l’association est très encourageant.

De plus, cela montre que les 6 années consécutives de missions n’ont pas été inutiles puisque dans les lieux où les équipes précédentes ont réalisé la majorité des captures, beaucoup de chats sont déjà stérilisés. Bien sûr, le travail n’est jamais terminé et de nombreux quartiers ont besoin de l’aide de l’association, tandis que l’association a elle aussi besoin d’aide, car le matériel coûte cher. Nous passerons avec plaisir le flambeau à la promotion 2019, afin que cette aide apportée à l’association Adoptame puisse continuer encore longtemps.

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