Lindy Hop

6H30 du matin. On a basculé dans l’été. Bientôt le soleil tombera de flanc dans les arbres. Un soleil brûlant qui sèchera les herbes et roussira les friches.

LINDY se réveille doucement, bâille, s’étire. La petite chienne, de race Lhassa Apso, n’est pas trop pressée. Et sa maîtresse, chauffeur de taxi, ne la brusque jamais.

Lindy est co-pilote ! Et fière de l’être ! Elle adore cette vie qui lui permet de circuler partout en Auvergne. Elle suit des yeux tous les chemins empruntés. Elle les connaît par cœur et montre son étonnement quand il y a changement d’itinéraire. Petite, Lindy était déjà très curieuse et enregistrait les routes, les virages, villes et villages, vaches et moutons dans les champs. Une bute boisée ? Lindy sait l’étang aux reflets d’argent qui se cache derrière. Son regard la conduit loin devant elle, tout au long de la centaine des kilomètres effectués chaque jour.

Lindy a trois ans et demi et porte le nom d’une danse américaine. Mais elle se fait couramment appeler Lindy (restons simple !). Dans le taxi, elle se plaît dans sa corbeille, sur les genoux des gens amusés et attendris par ce bout d’amour. Elle aime être flattée et cajolée. Et les kilomètres défilent… défilent… jusqu’à l’apparition du soleil cramoisi qui enflamme les rares nuages. Il est temps de rentrer, de manger, et d’engueuler les chiens sur l’écran de télévision. « Maîtresse », dit-elle, « tu m’as enregistré un bon programme canin avant de dormir ? ».

Miss Lindy-Hop court devant la maison et lève le nez sur les étoiles qui scintillent comme des diamants sur la toile sombre du ciel.

D. Chevalier – Villejaleix – Le 23 juin 2019

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