Quand la corrida était interdite en France ...

À l’origine une tradition espagnole, la corrida a été introduite en France au milieu du 19ème siècle, notamment dans le Sud du pays, où elle a été interdite et donc illégale.

Très rapidement, deux clans s’opposent, les protecteurs et les pro-corrida.

Retraçons ensemble le combat anti-corrida en France !

corrida interdite au 19ème siècle

Corrida interdite : Des années 1880 aux années 1892 :

  • Mai 1884 : Une corrida est organisée et autorisée dans la ville de Paris. 
  • Avril 1884 : Les Conseillers de la ville de Paris demandent l’interdiction des corridas à Paris. 
  • Décembre 1886 : Une délibération interdisant les corridas à Paris voit le jour. 
  • Février 1887 : Le Conseil de Paris invite le préfet de police à interdire les corridas. 
  • Juillet 1889 : Un arrêté du préfet ordonne la fermeture des arènes de la rue de la Fédération à Paris. L’arrêt demande l’entière exécution de la délibération de décembre 1886. 
  • Juin 1890 : Une demande d’autorisation exceptionnelle pour l’exposition universelle est demandée. Elle est acceptée pour des raisons économiques mais aussi d’attractivité en direction d’un public international. 
  • Année 1892 : Les corridas continuent d’être organisées à Paris. 

Avant de continuer, il est important pour la suite d’expliquer la loi du 2 juillet 1850, la Loi Grammont.

La loi Grammont (2 juillet 1850) dit : « seront punis d’une amende de cinq à quinze francs, et pourront l’être d’un à cinq jours de prison, ceux qui auront exercé publiquement et abusivement des mauvais traitements envers les animaux domestiques. »

Une loi finalement votée mais bien moins ambitieuse puisqu’elle protège davantage la sensibilité des spectateurs que l’intégrité des animaux.

Des années 1895 à aujourd'hui :

  • 1895 : La chambre criminelle de la Cour de cassation a décidé dans deux arrêts que les taureaux étaient bien des animaux domestiques. 

Donc la cour de cassation juge systématiquement dans ses arrêts que les courses de taureaux espagnoles avec mise à mort tombent sous le coup de la loi Grammont. 

Enfin, c’est après l’expulsion de matador et de tores qui ont provoqué l’agitation que la corrida disparait en fin de l’an 1895 dans les villes taurines du Midi. 

  • 1896 : Désir d’un projet de révision de la loi Grammont, plus répressive visant explicitement les corridas. Un décret du Président la République institue une commission chargée de préparer la révision de la loi.

Pourtant les corridas sont tolérées par le gouvernement de Louis Barthou. Le député Aimé Lavy dit notamment “les ministres qui ont laissé faire les courses pendant l’année 1896 préparent une réglementation qui permettra à ces courses d’exister à côté et en violation de la loi.”

La solution : Une pétition ?

  • 1897 : Une pétition de la SPA est adressée aux députés concernant la révision de la loi Grammont pour y ajouter une mention interdisant totalement les corridas. 

L’avant-projet de loi a été adopté par la Commission extra-parlementaire. Finalement la Commission s’est prononcée pour l’interdiction absolue des courses avec mise à mort.

Cependant la loi ne sera pas votée. 

  • 1899 : Le 24 octobre le conseil de Paris vote en faveur de la suppression des courses de taureaux. Aussi, il invite le gouvernement à prohiber le dégradant spectacle des courses taurines sur TOUT le territoire de la République. 

Les juristes sont unanimes à penser que la loi Grammont est adaptée aux corridas. C’est ce que va démontrer André Hesse dans sa thèse de doctorat soutenue devant l’Université de Paris sous le titre “De la protection des animaux”, dont nous nos appuyons notamment pour la rédaction de cet article. 

  • 1900 : Le Président du Conseil, Monsieur Waldeck-Rousseau analyse l’insuffisance des moyens du gouvernement pour interdire les corridas.  

Le combat continue ...

Donc, on remarque bien que le gouvernement de l’époque était bien conscient de la nécessité d’une loi spécifique réprimant la corrida. 

Jusqu’à la Première Guerre Mondiale, plusieurs projets et propositions de loi seront déposés devant la Chambre des députés. Aucuns n’aboutiront. 

Le 24 novembre 2022 sera voté une proposition de loi visant à abolir définitivement la corrida. C’est une date primordiale et elle le sera pour toujours dans l’histoire du combat anti-corrida. Il faut maintenant espérer qu’elle soit synonyme de succès et non d’un énième échec. 

Pour en savoir plus sur cette proposition de loi qui sera votée le 24 novembre 2022, nous vous redirigeons vers un article sur ce sujet sur le site de la SNDA


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