À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, la Finlande va réautoriser la chasse aux loups, mettant fin à plus de cinquante ans de protection quasi-totale de ce grand prédateur dans le pays. Cette décision fait basculer la politique de gestion des loups après l’abrogation partielle des mesures de protection instaurées en 1973 et reflète un débat intense entre protection de la biodiversité et gestion des conflits humains-faune.

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La nouvelle loi, adoptée largement par le Parlement finlandais en décembre 2025, modifie la loi sur la chasse pour permettre aux autorités de fixer quotas régionaux de chasse selon la densité de population des loups. Le statut de protection du loup a été assoupli — notamment après qu’en 2025 l’Union européenne ait revu à la baisse le niveau de protection accordé à l’espèce dans la directive Habitats, passant de « strictement protégé » à simplement « protégé ». Cette révision offre aux États membres une plus grande marge de manœuvre pour gérer localement les populations si la conservation du statut favorable est maintenue.

Pour l’hiver 2026, au moins 65 à 100 loups pourraient être abattus dans le cadre de cette chasse réglementée, selon différentes sources gouvernementales. La saison envisagée court du 1ᵉʳ janvier au 10 février 2026, avec une période de protection hors saison définie par décret.

Pourquoi cette décision ?

Les autorités finlandaises invoquent plusieurs motifs :

  • Croissance de la population de loups : estimée à environ 430 individus en 2025, soit une augmentation d’environ 46 % par rapport à l’année précédente.

  • Conflits avec les activités humaines : attaques sur le bétail, pertes économiques pour les éleveurs et préoccupations de sécurité dans certaines zones rurales.

  • Pression politique locale : agriculteurs et communautés rurales réclament une gestion plus active des grands prédateurs.

Cette politique rencontre une forte opposition d’organisations environnementales qui soulignent le mauvais état de conservation du loup et les risques d’atteinte aux obligations européennes de protection de la nature. L’Association finlandaise pour la conservation de la nature estime qu’une population viable devrait compter au moins 525 loups, bien au-dessus des seuils fixés par le gouvernement pour garantir le statut de conservation favorable.

Un sondage récent montre que 62 % des Finlandais interrogés s’opposent à cette réouverture de la chasse dans le contexte actuel.

En France, la situation du loup est également très débattue, mais pour des raisons parfois différentes :

Protection stricte, mais pression accrue
  • Le loup est protégé au niveau national et européen depuis son retour spontané dans les années 1990.

  • Il n’y a pas de chasse autorisée en tant que telle, mais des mesures de régulation exceptionnelles peuvent être mises en œuvre quand la cohabitation avec les activités agricoles devient difficile, notamment via des plans de tir réglementés. Cependant, ces mesures restent très encadrées.

Des tensions sociales fortes

Des agriculteurs et éleveurs organisent régulièrement des mobilisations en France pour dénoncer la prédation du loup sur les troupeaux et demander une régulation plus active du prédateur. Une manifestation récente en Haute-Marne en janvier 2026 en témoigne, où des agriculteurs ont appelé l’État à mieux protéger leurs élevages face aux attaques de loups.

Contrairement à la Finlande, la France n’a pas décidé de réautoriser la chasse comme outil de gestion standard. Bien que, la France est amené à baisser le statut de protection du loup.

Le contexte européen plus large

À l’échelle de l’Europe, la dynamique autour du loup est marquée par une recolonisation progressive de l’espèce après des décennies d’éradication presque complète au XXᵉ siècle. Aujourd’hui, des pays comme Italie, Espagne, Allemagne ou Pologne abritent des populations importantes de loups. 

Des politiques variées selon les pays
  • Certains États, surtout en Europe du Nord et de l’Est, ont mis en place des chasses réglementées ou des quotas dans le cadre de la gestion des populations.

  • D’autres pays maintiennent des protections strictes ou des mesures très encadrées d’autorisation de tirs seulement en cas de nuisances réelles.

  • La récente modification du statut de protection du loup par l’UE permet plus de flexibilité, mais reste conditionnée au maintien d’un statut de conservation favorable à long terme.

Conclusion : un débat au cœur des politiques de biodiversité

La décision de la Finlande d’autoriser la chasse aux loups en 2026 illustre les tensions complexes entre objectifs de conservation, réalités sociales rurales et pressions politiques. Si la France et d’autres pays européens font face à des défis similaires, leurs approches restent différentes, reflétant des traditions juridiques, des dynamiques écologiques locales et des arbitrages politiques spécifiques.

Le débat sur la coexistence entre humains et grands prédateurs demeure un défi majeur pour les politiques environnementales en Europe au XXIᵉ siècle. Un équilibre délicat entre protection de la biodiversité et acceptabilité sociale dans les zones rurales. Malheureusement, encore aujourd’hui l’espèce humaine oublie que d’autres solutions peuvent être étudiées ou recherchées que de favoriser immédiatement l’abattage d’animaux sauvages. De plus, scientifique et chercheurs manquent de connaissances et de recul au sujet des animaux sauvages.