Chaque 10 décembre, la Journée internationale des droits des animaux rappelle que les animaux méritent respect, protection et reconnaissance de leurs besoins fondamentaux. Mais la réalité légale est particulièrement contrastée selon que l’on parle d’animaux domestiques, d’élevage ou de faune sauvage.

Inde – Les animaux reconnus comme “personnes juridiques” dans plusieurs décisions

La Haute Cour de l’Uttarakhand (2018) a reconnu tous les animaux comme « entités juridiques », capables de détenir des droits fondamentaux.
→ Décision historique, bien que son application reste encore fragile.

Colombie – La Cour constitutionnelle crée un précédent mondial

La jurisprudence colombienne a reconnu la nature et certaines espèces comme sujets de droits, notamment le fleuve Atrato (2016).
Ce statut ouvre la voie à une approche protectrice indirecte des animaux.

Équateur – La Constitution reconnaît les droits de la nature

L’Équateur est le premier pays (2008) à avoir inscrit dans sa Constitution les « droits de la Nature ».
Cette protection bénéficie également à la faune sauvage à travers la jurisprudence.

Suisse – Un modèle européen avancé

La Suisse reconnaît la dignité animale dans sa loi sur la protection des animaux, intégrant des obligations d’enrichissement pour les animaux captifs, y compris sauvages.

Nouvelle-Zélande : reconnaissance des mammifères marins et des écosystèmes

Le pays a reconnu la sensibilité des animaux dans une loi nationale, la personnalité juridique pour plusieurs entités naturelles (fleuves, écosystèmes), ouvrant la voie à une évolution similaire pour certaines espèces animales.

La France : une avancée symbolique, mais encore trop limitée

La France a reconnu en 2015 que les animaux sont des « êtres vivants doués de sensibilité » (article 515-14 du Code civil).
Une étape importante, mais qui n’a pas modifié leur statut de “biens meubles” ni profondément renforcé les sanctions.

Les lacunes demeurent :

  • pas de protection constitutionnelle,

  • pas de personnalité juridique,

  • des dérogations nombreuses (chasse, corrida, élevage intensif, expérimentations),

  • des sanctions insuffisamment dissuasives pour les maltraitances.

Bien que la France est renforcée les dispositifs juridiques pour protéger les animaux de compagnie, le pays reste loin des avancées mises en œuvre à l’étranger. 

Au niveau européen : des protections partielles et fragilisées

Les deux directives structurantes  “Habitats” (1992) et “Oiseaux” (1979), ne protègent que certaines espèces listées, laissant la majorité de la faune sauvage sans protection individuelle. En 2025, le statut du loup a même été abaissé de « strictement protégé » à « protégé », illustrant la fragilité des avancées.

En France, une absence de reconnaissance individuelle des animaux sauvages perdure aussi. La protection reste fondée sur des listes d’espèces, et non sur la sensibilité des individus.
Un animal sauvage non protégé peut encore être détruit, piégé, chassé hors périodes sensibles, déplacé ou “prélevé” sans prise en compte de ses intérêts propres.

Malgré la CITES, l’UE reste l’un des pôles majeurs du commerce légal et illégal d’animaux sauvages.

Sur notre continent, les animaux sauvages subissent régulièrement les tirs illégaux, des actes de cruauté, la destruction de nids, terriers, refuges. Certaines espèces sont considérées comme « nuisible » et on leur inflige les pires traitements comme c’est le cas pour le renard, les pigeons ou les blaireaux.

A cela s’ajoute les mutilations ou violences dans le cadre de “loisirs” (glue, pièges, déterrage, “traditions”), par exemple.

Ces agissements invisibles ou ignorées, ne sont pas sanctionnées à la hauteur de la souffrance endurée.

Conclusion : Un appel international pour les droits des animaux sauvages

La Journée internationale des droits des animaux doit rappeler que la protection ne peut concerner uniquement les animaux domestiques.
La faune sauvage, essentielle à nos écosystèmes est la catégorie animale la plus exposée et la moins protégée au monde.

Reconnaître leurs droits est un impératif écologique, éthique et sociétal.

La SNDA appelle à une réforme ambitieuse en France et en Europe, alignée sur les avancées internationales, pour que les animaux sauvages soient enfin protégés en tant qu’êtres sensibles.

 

Défenseur de la cause et du bien-être animal ?  Soutenez-nous ! Faites un don à la SNDA.

Vous pouvez suivre les actualités du monde animal sur le site de la SNDA.

Également, retrouvez-nous sur InstagramFacebook