Une nouvelle catastrophe liée au transport maritime d’animaux vivants s’est produite en mer d’Arabie.
Un contexte de guerre : le quotidien pour ces animaux
Le 13 mai dernier, un cargo transportant environ 4 000 moutons et chèvres destinés à l’élevage a été touché lors d’un incident dont les circonstances restent encore incertaines. Le navire, qui reliait la Somaliland aux Émirats arabes unis, a rapidement pris feu avant de sombrer.
Les membres de l’équipage ont pu être secourus.
Les animaux, eux, sont morts piégés dans le navire.
Enfermés dans les cales, sans possibilité de fuite, ils ont péri dans l’incendie avant le naufrage du bateau. Une mort effroyable pour des milliers d’êtres vivants déjà condamnés à subir un transport long, stressant et extrêmement éprouvant.
Une tragédie loin d’être exceptionnelle
Ce drame n’est malheureusement pas un cas isolé.
Chaque année, des millions d’animaux sont exportés vivants à travers le monde par bateau, parfois durant plusieurs semaines. Durant ces trajets, ils subissent des températures extrêmes, le manque d’espace, le stress permanent, les blessures, les maladies, la faim et la déshydratation ainsi que des risques constants d’accidents, d’incendies ou de naufrages.
Le commerce avant le vivant
Ces transports existent pour répondre à une logique commerciale : exporter des animaux vivants pour l’élevage ou l’abattage à l’étranger.
Derrière chaque traversée, il y a des êtres sensibles traités comme de simples marchandises.
Cette catastrophe rappelle une réalité essentielle : notre mode de consommation a des conséquences directes sur la vie des animaux.
Réfléchir à notre consommation pour faire évoluer les pratiques
Ce drame ne peut pas être considéré comme un simple accident isolé. Il est la conséquence directe d’un système fondé sur une demande toujours plus importante de produits animaux à bas coût et sur le commerce international d’animaux vivants.
Chaque année, des millions, voire des milliards d’animaux sont transportés vivants à travers l’Europe et le monde, par camion, avion ou bateau. Selon la Commission européenne, près de 1,6 milliard d’animaux sont transportés chaque année au sein de l’Union européenne et depuis l’UE.
Parmi eux, près d’un milliard de volailles et environ 37 millions de bovins, cochons, moutons, chèvres et équidés sont transportés vivants chaque année de l’Union européenne vers des pays tiers.
Lorsqu’un incendie, une panne ou un naufrage survient, ils n’ont aucune possibilité de fuir. Leur souffrance reste largement invisible du grand public.
Selon la Cour des comptes européenne, le transport d’animaux vivants est avant tout motivé par des facteurs économiques et les différences de coûts entre pays et régions.
Ces animaux sont déplacés pour être engraissés, élevés ou abattus ailleurs, dans une logique de rentabilité et de commerce international.
Cette réalité nous oblige collectivement à réfléchir à nos modes de consommation.
Sans culpabiliser les consommateurs, il est essentiel de rappeler qu’une forte consommation de viande entretient mécaniquement ce système de production intensive et ces transports massifs d’animaux vivants.
Plus la demande augmente, plus les élevages intensifs se développent et plus les animaux parcourent des milliers de kilomètres dans des conditions souvent insoutenables.
Réduire sa consommation de viande, même progressivement, peut avoir un impact réel.
Choisir davantage d’alternatives végétales, limiter les achats issus de l’élevage intensif ou privilégier des productions locales contribue à réduire la demande qui alimente ces transports.
Chaque choix de consommation a des conséquences.
Derrière certains produits se cachent parfois des semaines de transport, de peur, de souffrance et, comme dans ce drame, des morts atroces.
Les 4 000 moutons et chèvres morts dans ce cargo ne sont pas de simples chiffres. Ils sont les victimes d’un système qui considère encore trop souvent les animaux comme des marchandises plutôt que comme des êtres vivants sensibles.
La SNDA demande la fin du transport maritime d’animaux vivants
La SNDA continuera de dénoncer ces pratiques et de demander l’interdiction de l’exportation d’animaux vivants par voie maritime.
Aucun animal ne devrait mourir brûlé, noyé ou enfermé dans un cargo au nom du commerce.
Parce qu’un animal n’est pas une marchandise.
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