À l’occasion de l’examen de la loi d’urgence agricole à l’Assemblée nationale à partir du 19 mai, 36 députés du groupe Écologiste et Social ont déposé l’amendement n°1578 afin d’encadrer plus strictement les autorisations de tirs de loups.
Les députés écologistes s’engagent
Porté notamment par Sandrine Rousseau et travaillé avec plusieurs organisations de protection animale, dont la SNDA et l’association Stéphane Lamart, cet amendement propose qu’aucun tir ne puisse être autorisé sans la mise en œuvre effective d’au moins deux dispositifs de protection des troupeaux.
Pour la SNDA, cette proposition constitue une mesure de bon sens. Le loup est une espèce protégée et les tirs létaux ne devraient intervenir qu’en ultime recours, après l’utilisation réelle et vérifiable de solutions de prévention.
Les moyens de protection montrent leur efficacité
De nombreuses études et rapports institutionnels soulignent que les moyens de protection permettent de réduire les attaques lorsqu’ils sont correctement déployés et combinés. Les chiens de protection, le gardiennage renforcé, les clôtures électrifiées ou encore le regroupement nocturne des troupeaux font partie des dispositifs reconnus comme efficaces pour limiter la prédation.
Le ministère de l’Agriculture rappelle lui-même que plusieurs options de protection combinées permettent de limiter significativement les attaques dans la majorité des situations.
À l’inverse, les études sur les tirs létaux montrent des résultats très variables. L’Office français de la biodiversité (OFB) indique que les tirs peuvent avoir des effets différents selon les contextes et ne garantissent pas une diminution durable des dommages aux troupeaux.
Un risque de banalisation des tirs
L’article 14 du projet de loi ouvre la voie à un assouplissement des conditions permettant les tirs sur une espèce pourtant protégée. Pour les associations engagées dans la défense de la biodiversité et de la condition animale, cette évolution représente un signal préoccupant.
Faire du tir une réponse quasi automatique reviendrait à reléguer au second plan les solutions de coexistence entre élevage et faune sauvage, alors même que ces dispositifs existent, sont financés et peuvent être renforcés.
Dans un contexte d’effondrement de la biodiversité, la création d’un régime dérogatoire facilité pour le loup pourrait également constituer un précédent dangereux pour d’autres espèces protégées confrontées à des conflits d’usage.
Un appel aux députés
La SNDA appelle les députés à soutenir l’amendement n°1578 afin de garantir que les solutions non létales soient réellement appliquées avant toute autorisation de destruction de loups.
Si cet amendement venait à être rejeté, l’association demande aux parlementaires de voter contre l’article 14, afin de préserver le principe selon lequel la protection des espèces sauvages ne peut être remise en cause sans garanties fortes ni démonstration de l’échec préalable des mesures de prévention.
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