L’affaire des chevaux mutilés, qui a profondément marqué l’opinion publique par la cruauté des actes commis, a récemment connu un nouveau développement judiciaire devant la Cour d’appel de Rouen.
Dans ce dossier, la SNDA s’était constituée partie civile afin de défendre les intérêts collectifs liés à la protection animale. Les faits en cause portaient sur des actes particulièrement graves ayant entraîné la mutilation de nombreux chevaux, et pour certains, leur mort, dans des conditions d’une violence extrême.

Une première décision jugée insuffisante

En première instance, le tribunal correctionnel du Havre avait reconnu la responsabilité du prévenu, mais n’avait accordé à la SNDA que 150 € de dommages-intérêts au titre du préjudice moral. Un montant largement considéré comme dérisoire au regard de la gravité des faits et de leur impact sur la cause animale.

Face à cette décision, la SNDA a interjeté appel, estimant que le préjudice subi, notamment au regard de son objet social et de la portée collective de son action, devait être reconnu à une hauteur bien plus significative.

Une reconnaissance renforcée du préjudice moral

Par un arrêt rendu le 28 avril 2026, la Cour d’appel de Rouen a partiellement infirmé la décision de première instance. Elle a condamné le prévenu à verser à la SNDA la somme de 1.000 € de dommages-intérêts pour son préjudice moral, soit une revalorisation notable par rapport au jugement initial.

La Cour a également confirmé l’allocation de 300 € au titre des frais irrépétibles de première instance et accordé 1.000 € supplémentaires pour les frais exposés en appel.

Cette décision constitue une avancée importante en ce qu’elle reconnaît plus justement l’atteinte portée aux intérêts collectifs défendus par l’association.

Le préjudice animalier toujours en débat

En revanche, la Cour d’appel a refusé de reconnaître le préjudice animalier, pourtant plaidé par la SNDA. Ce type de préjudice, distinct du préjudice moral, vise à réparer l’atteinte à la sensibilité propre de l’animal, dans une logique comparable à celle du préjudice écologique.

Bien que ce concept ait déjà été admis dans certaines décisions de justice, il reste aujourd’hui une construction jurisprudentielle encore fragile, dont la reconnaissance n’est pas systématique.

Un choix stratégique déterminant

La question d’un pourvoi en cassation se pose désormais, notamment sur le rejet du préjudice animalier. Toutefois, une telle démarche comporte un risque juridique important.

D’un côté, une décision favorable de la Cour de cassation pourrait consacrer définitivement la reconnaissance du préjudice animalier au plus haut niveau juridictionnel, marquant une avancée majeure pour la protection animale.

De l’autre, une décision défavorable pourrait au contraire freiner durablement cette évolution en créant une jurisprudence de référence défavorable.

La SNDA se trouve ainsi face à un choix stratégique particulièrement délicat, aux conséquences potentiellement structurantes pour l’avenir du droit animalier en France. C’est pour cette raison que la SNDA a décidé de ne pas poursuivre en cassation.

Une affaire emblématique

Au-delà des montants en jeu, cette affaire illustre les enjeux croissants liés à la reconnaissance juridique de la souffrance animale. Elle témoigne également du rôle essentiel des associations dans l’évolution du droit et dans la défense des animaux.

Le combat pour une meilleure prise en compte des atteintes faites aux animaux se poursuit, tant devant les tribunaux que dans le débat juridique et sociétal


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