Le 5 mars dernier, une séquence diffusée dans la matinale de TF1 a suscité une vive incompréhension. Des colliers électriques pour chiens y étaient présentés comme des outils innovants, voire comme “les laisses du futur”. Une telle mise en avant, devant des millions de téléspectateurs, interroge profondément sur la responsabilité des médias lorsqu’il s’agit de sujets liés au bien-être animal. Durant l'émission il n'a été nullement nommé la cruauté de tels objets pour les animaux.
Des dispositifs fondés sur la douleur
Les colliers électriques, également appelés colliers de « dressage », fonctionnent en envoyant des décharges électriques à l’animal, déclenchées à distance. Leur utilisation repose sur un principe simple : provoquer une douleur pour faire cesser un comportement.
Or, de nombreuses études et observations de terrain ont démontré les conséquences de ces pratiques comme des douleurs physiques pouvant aller jusqu’à des brûlures, du stress et de l’anxiété, des troubles du comportement, ou l’augmentation du risque d’agressivité.
Ces outils ne relèvent pas d’une éducation respectueuse, mais bien d’un conditionnement par la peur et la contrainte.
Une réglementation encore incohérente
La législation française a récemment évolué pour encadrer ces pratiques.
Depuis l’arrêté du 19 juin 2025, l’utilisation et la recommandation de certains outils coercitifs dont les colliers électriques, étrangleurs et à pointes sont interdites aux professionnels (éducateurs canins, refuges, pensions, éleveurs).
Cette avancée constitue une reconnaissance importante de leur nocivité.
Cependant, une incohérence majeure subsiste ces colliers restent autorisés pour les particuliers.
Comment justifier qu’un outil jugé inadapté et dangereux pour des professionnels formés puisse encore être utilisé librement par des particuliers ?
Aujourd’hui, les méthodes d’éducation canine ont largement évolué. Les approches fondées sur le renforcement positif, la compréhension du comportement animal et la relation de confiance ont démontré leur efficacité.
Elles permettent non seulement d’obtenir des résultats durables, mais aussi de préserver le bien-être physique et émotionnel de l’animal.
Promouvoir des dispositifs fondés sur la douleur revient à ignorer ces avancées et à banaliser la maltraitance animale. Les animaux ne sont pas des objets, se sont des êtres sensibles capables de ressentir la douleur.
Les médias jouent un rôle déterminant dans la diffusion des pratiques et des représentations. Présenter des colliers électriques comme des outils modernes, sans en exposer les conséquences, contribue à légitimer leur usage.
Une information rigoureuse et documentée est essentielle, en particulier sur des sujets aussi sensibles.
Une nécessité : interdire totalement ces dispositifs
Face à ces constats, la Société Nationale pour la Défense des Animaux (SNDA) appelle à l’interdiction totale de la vente et de l’utilisation des colliers électriques, une meilleure information du public sur leurs effets et la promotion de méthodes d’éducation respectueuses et non violentes.
Les animaux ne doivent pas être soumis à la douleur pour être éduqués.
Une société attentive au bien-être animal ne peut tolérer la banalisation de tels outils.
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