Le 5 août 2025, le Tribunal correctionnel du Havre a jugé une affaire d’une gravité exceptionnelle, mettant en lumière un contexte de maltraitance familiale extrême, touchant à la fois cinq enfants mineurs et un chien victime d’actes de cruauté.
Une affaire de violences : enfants et animal
Les deux prévenus, présents à l’audience et non assistés par un avocat, étaient poursuivis pour soustraction à leurs obligations parentales à l’égard de leurs enfants, ainsi que pour des contraventions de maltraitance animale et le délit de cruauté sur un chien.
Les débats ont révélé des conditions de vie particulièrement alarmantes pour les enfants, tous placés depuis. Le logement familial était décrit comme insalubre, envahi par les mouches, marqué par la présence d’excréments, de nourriture avariée, et par un manque total d’hygiène.
Le sort tragique du chien
Dans ce contexte déjà dramatique, un chien, un croisé sharpei, était maintenu enfermé en permanence dans un cagibi d’environ 2 m², derrière une machine à laver. Privé de soins, d’attention et de conditions de vie décentes, l’animal a été retrouvé vivant mais dans un état cadavérique, ne pesant plus que 6 kilos.
Malgré une prise en charge vétérinaire, le chien n’a pas survécu. Les éléments du dossier ont établi qu’il n’avait aucune chance de survie, et qu’il avait été délibérément laissé à l’abandon, tandis qu’un autre chien, appartenant à un proche de la prévenue, vivait au sein du foyer dans des conditions correctes.
Les réquisitions et la décision du Tribunal
Lors de l’audience, il a été rappelé que le délit de cruauté envers un animal, puni de trois à cinq ans d’emprisonnement et jusqu’à 75 000 € d’amende.
La SNDA était présente pour le cas du chien.
Le Tribunal a finalement déclaré les prévenus coupables et les a condamnés à 24 mois de prison, dont 14 mois avec sursis probatoire et 10 mois ferme sous bracelet électronique, des obligations de soins, de travail, de formation et d’indemnisation des parties civiles, 300 € d’amende chacun pour les contraventions de maltraitance animale, l’interdiction définitive de détenir un animal et le retrait de l’autorité parentale.
Sur les intérêts civils, le Tribunal a alloué à la SNDA la somme de 500 € de dommages-intérêts, ainsi que 350 € au titre des frais de justice.
Cette affaire a ensuite été examinée par la Cour d’appel de Rouen, qui a rendu son arrêt le 27 janvier 2026, confirmant le jugement de première instance, notamment en ce qui concerne les indemnités civiles.
Une affaire révélatrice d’un même continuum de violences
Ce dossier illustre une réalité malheureusement bien connue : les violences faites aux enfants et aux animaux coexistent fréquemment au sein d’un même foyer. La souffrance de l’animal, enfermée et invisible, fait écho à celle des enfants, victimes d’un environnement de négligence et de maltraitance.
La SNDA demeure pleinement mobilisée pour que la justice reconnaisse à leur juste mesure la gravité des actes de cruauté envers les animaux, en particulier lorsqu’ils s’inscrivent dans un contexte plus large de violences familiales.
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