Le 24 novembre 2025, le Tribunal correctionnel de Béthune a examiné un dossier susceptible de faire date dans l’encadrement des combats de coqs, une pratique qui ne demeure tolérée qu’à titre strictement dérogatoire et uniquement en cas de tradition locale ininterrompue. La SNDA était présente pour rappeler la portée essentielle de cette exigence légale et défendre la protection animale face à une dérive manifeste.

Le prévenu, passionné de combats de coqs, avait acquis un ancien café ayant autrefois accueilli un gallodrome, avec l’intention de relancer ces activités. Une première autorisation préfectorale avait été accordée pour 2022 avant d’être finalement retirée. Malgré l’absence de réponse aux demandes d’autorisation déposées pour les années 2023, 2024 et 2025, des combats ont été organisés, conduisant à l’ouverture d’une enquête à la suite d’une plainte de l’association le CRAC.

Fait essentiel : aucun combat de coqs n’avait eu lieu dans cette commune entre 1999 et 2021, soit plus de vingt années d’interruption totale.

Or, le Code pénal est clair : les combats de coqs, bien qu’ils constituent en soi des actes de cruauté, ne peuvent être tolérés qu’en cas de tradition locale ininterrompue, laquelle doit s’apprécier strictement à l’échelle de la localité et non de l’ensemble d’un territoire régional.

La SNDA a rappelé à l’audience plusieurs points fondamentaux :

1. Le délit de création d’un nouveau gallodrome est constitué

L’interruption de plus de vingt ans équivaut juridiquement à une cessation totale d’activité. Faire renaître un gallodrome dans ces conditions revient à en créer un nouveau, ce que la loi interdit formellement.

2. La tradition locale est éteinte

Le texte vise la localité : seule la commune doit être prise en compte. Peu importe que des communes voisines aient conservé leurs activités traditionnelles :
dans la commune concernée, la tradition n’existait plus.

3. Une interdiction d’exercer est nécessaire

La SNDA a rappelé son engagement historique contre les sévices infligés aux animaux dans les gallodromes et a sollicité une interdiction d’exercer toute activité liée aux combats de coqs.

Les réquisitions du procureur

Le ministère public a retenu la culpabilité pour complicité d’actes de cruauté et a requis :

  • 10 mois de prison avec sursis,

  • 2 000 € d’amende,

  • Interdiction d’exercer toute activité liée à un gallodrome pendant 5 ans,
    avec exécution immédiate.

La défense a plaidé la relaxe.

La décision a été mise en délibéré et sera rendue le 9 décembre 2025.

Un enjeu juridique majeur pour la protection animale

Au-delà du cas d’espèce, ce dossier pourrait constituer une étape importante pour l’encadrement des combats de coqs, en précisant les contours de la notion de tradition ininterrompue et en rappelant que la dérogation prévue par la loi doit rester exceptionnelle et strictement interprétée.

La SNDA, un engagement ancien et constant

La SNDA a également rappelé son combat historique contre les combats de coqs et la corrida. Dès les années 1970, sous l’impulsion de sa première présidente, Andrée Valadier, l’association dénonçait déjà ces pratiques et demandait la fin des sévices infligés aux animaux au nom de traditions dépassées.

Plus de cinquante ans plus tard, cet engagement demeure intact.

La SNDA continuera de se mobiliser devant les juridictions pour faire respecter la loi, défendre les animaux victimes de maltraitance et œuvrer pour que ces dérogations ne puissent plus servir de refuge à des pratiques de cruauté injustifiables.

 

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