Sur les tables de fêtes, le saumon d’élevage est devenu un incontournable. Mais derrière sa couleur rose “appétissante”, la réalité est tout autre.

La production mondiale de saumon d’élevage a explosé au cours des dernières décennies. Ce qui était autrefois marginal est devenu une industrie gigantesque, dominée par quelques multinationales contrôlant une part majeure de la production mondiale. Dans cette transformation, le saumon sauvage, autrefois pêché dans les rivières et les fjords a quasiment disparu des assiettes. Aujourd’hui il est remplacé par des poissons nés et élevés en captivité. En France, 99% du saumon consommé vient d’un élevage. 

Les élevages intensifs de saumon sont souvent sous forme de cages océaniques ou en bassins terrestres. Les cages dégradent les écosystèmes locaux. Les déchets organiques (excréments, nourriture non consommée ) s’accumulent, épuisant l’oxygène et créant des « zones mortes » où la vie marine ne peut survivre.

Les saumons d’élevage qui s’échappent en mer constituent aussi une menace pour les populations sauvages, en compétition pour les ressources ou en transmettant maladies et parasites.

L’un des fléaux les plus répandus dans l’aquaculture du saumon est l’infestation par les poux de mer (Lepeophtheirus salmonis et autres espèces apparentées), de petits parasites qui s’accrochent à la peau, se nourrissent de sang, de mucus et de chair, causant des blessures, du stress et des infections à des animaux vivants. Ces parasites existent naturellement dans les environnements marins, mais leur concentration est fortement amplifiée près des fermes, où des milliers de poissons sont entassés côte à côte. Cette promiscuité accélère la transmission et l’impact des infestations. (On voit d’ailleurs souvent des photos de poissons rongés par les poux de mer)

Une mortalité catastrophique avant l’abattage

Les données disponibles montrent que l’industrie du saumon d’élevage connaît des pertes massives de poissons avant même qu’ils n’atteignent l’assiette.

C’est également le cas dans tout type d’élevage d’animaux. L’aquaculture dispose tout de même de taux bien plus élevé. 

En Norvège, premier producteur mondial, environ 16,7 % des saumons d’élevage sont morts avant récolte en 2023, ce qui représente près de 62,8 millions de poissons perdus pendant la phase en mer.

Dans certaines zones de production, les mortalités peuvent dépasser 24 % avant abattage, selon les données rapportées par les autorités norvégiennes. 

D’autres estimations considèrent que ces taux tournent généralement autour de 10–15 % à l’échelle mondiale, avec des variations selon les pays et les pratiques. 

Pourquoi ces taux sont si élevés ?

Ces pertes massives sont le résultat de plusieurs facteurs démontrant que les animaux ne sont pas détenus dans des conditions compatibles avec leur bien-être. 

Pour nourrir les saumons d’élevage, des quantités massives de farine et d’huile de poisson sont extraites de la mer, souvent au détriment des stocks sauvages et de la sécurité alimentaire des communautés côtières, notamment en Afrique de l’Ouest. Pour 200g de poisson d’élevage, il faut pêcher 400g de poissons sauvages. 

De plus, l’alimentation du saumon dépend aussi du soja et d’autres cultures terrestres, entraînant une pression accrue sur les terres agricoles et potentiellement la déforestation.

Pour les fêtes : une responsabilité collective

À Noël ou au Nouvel An, choisir du saumon peut sembler un petit geste anodin. Pourtant, la demande nourrit une filière dont les impacts résonnent bien au-delà de nos assiettes. En tant que consommateurs, repenser notre rapport à ces aliments en privilégiant par exemple des produits plus durables, locaux ou des alternatives végétales est une manière concrète d’agir. 

La FAO reconnaît que l’aquaculture est devenue le principal mode de production de poissons au niveau mondial et qu’elle joue un rôle important pour l’alimentation humaine, mais souligne la nécessité de renforcer sa durabilité pour minimiser les impacts négatifs.

Le saumon d’élevage, souvent perçu comme un symbole de gastronomie festive, illustre les défis de nos systèmes alimentaires modernes : production de masse, pression sur les ressources naturelles, souffrance animale et impacts sociaux. Cette « bombe » écologique et sociale mérite que nous interrogions nos habitudes, surtout à une période de l’année où les traditions culinaires sont mises en lumière.

 

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